Les Instants Privilégiés avec Justin Jesso

Par 29/03/2019

Auteur du tube Stargazing de Kygo, Justin Jesso était de passage à Paris il y a environ un mois, dans le cadre de la tournée de Tears For Fears, pour lequel il faisait la première partie. Il nous a chaleureusement reçu quelques heures avant sa performance pour nous parler de ses débuts dans la musique, de son tube avec Kygo, de cette expérience avec le groupe Tears For Fears et de son EP, « Let It Be Me ».

Si son nom ne vous dit rien, vous connaissez forcément sa musique, notamment son tube avec Kygo sur « Stargazing » pour lequel il a écrit les paroles et posé sa voix. Il nous raconte ses débuts : « Quand j’avais cinq ans, ma grand-mère savait que j’aimais chanter. Elle m’a inscrit à un spectacle de talents local. Lorsque j’ai quitté la scène et je me suis retourné vers ma mère et je lui ai dit que c’était ce que je voulais faire pour le reste de ma vie. Avançons un peu plus rapidement maintenant, j’ai commencé à écrire de la musique quand j’avais environ 14 ans. À 18 ans, j’ai sorti un album et j’ai été signé chez Radio Disney. J’ai fait plein de concerts dans le pays en faisant des premières parties pour Jesse McCartney, Jordin Sparks ou encore Corbin Bleu. J’ai fait une petite carrière avec Disney et tout s’est arrêté. Je suis ensuite allé à la fac et j’ai étudié la musique au Clive Davis Department of Recorded Music de l’université de New York et ai appris à composer des chansons. Grâce à ces études, j’ai réussi à obtenir un stage chez EMI Music Publishing. Je jouais mes propres chansons dans les petits bars de New-York, c’est l’écriture qui a pris une vraie place dans ma vie. J’ai donc commencé à aller à des sessions et à écrire pour d’autres personnes telles que Ricky Martin, les Backstreet Boys ou encore Armin Van Buuren. Et en tant que compositeur, j’ai commencé à bien me débrouiller et j’écrivais toujours avec l’intention d’être un artiste et de chanter mes propres chansons. C’est le chemin qu’a suivi Meghan Trainor, Bruno Mars et John Legend : ils ont écrit pour d’autres personnes en premier. Ça a toujours été mon plan : écrire pour d’autres personnes et ensuite, au travers de cette écriture, être pris au sérieux en tant qu’artiste. Donc, j’ai fini par écrire beaucoup à l’international et à voyager à travers le monde. Ça a l’air plus glamour que ça ne l’était ! Ma petite amie a rompu avec moi et j’étais vraiment triste. J’ai donc commencé à voyager et à écrire avec différentes personnes en Norvège, à Londres et dans toute l’Europe et puis je suis allé en Corée et j’ai fini par écrire cette chanson, « Stargazing », avec des amis à moi à Los Angeles et Kygo l’a entendu. Nous l’avons écrite un lundi. Kygo l’a entendu le mardi et il est revenu vers nous avec la version finale du titre le mercredi. Et le vendredi, le morceau était confirmé comme étant un single officiel et est sorti environ deux mois plus tard. Ils ont décidé de garder ma voix sur le titre et c’est un peu comme ça que tout s’est passé. J’ai eu une chance folle qu’il entende la chanson, et qu’après, au lieu de remplacer ma voix par celle d’un artiste plus connu, il a dit : « Non, j’aime ta voix, je veux qu’elle reste dessus ». Et puis j’ai pris l’avion pour Vegas et j’ai chanté pour la première fois avec lui une semaine ou deux avant la sortie du titre puis il m’a ensuite demandé de partir en tournée avec lui. C’est tout pour le moment, ce que j’ai fait la plupart de l’année dernière c’est de faire le tour du monde avec Kygo, de chanter également « Stargazing » et « Firestone » pour lui, même si je n’ai pas écrit ce dernier titre. Mais ça nous amène à maintenant : je suis à Paris parce que je fais la première partie de Tears For Fears et j’ai sorti un EP il y a quelques semaines. Je fais des concerts avec cet EP et je suis ravi de sortir ma propre musique et pouvoir faire enfin ce que je veux faire, c’est-à-dire jouer pour des gens et chanter ma musique ».

Forcément, lorsqu’on écrit autant de titres pour d’autres artistes, on doit parfois avoir envie de les garder pour soi : « Bien sûr, à 100%. Mais ce qui a fini par arriver, c’est que j’allais à des rendez-vous avec différentes maisons de disques en tant que compositeur. Trois fois avec trois labels différents, j’y suis allé et j’ai joué ma musique. La première maison de disques était Lava Records, à New York. J’y suis allé, j’ai joué ma musique et ils m’ont dit : « Oh mon dieu, on adore ce titre, on veut te l’acheter ». Et je leur ai dit : qu’est-ce que vous voulez dire ? Et ils m’ont dit qu’ils n’étaient pas prêts à me signer en tant qu’artiste mais qu’ils aimeraient mon titre pour qu’un gamin qui a 1,8 millions de followers sur Instagram puisse chanter ma chanson. Ça s’est passé chez Lava mais ça s’est également passé chez Warner. Initialement, ils voulaient me signer en tant qu’artiste pendant une semaine et la semaine d’après ils m’ont appelé et ils m’ont dit qu’ils voulaient simplement acheter la chanson pour la donner à un autre gamin d’Instagram. Et ça s’est à nouveau produit chez Epic, aux États-Unis, où la même chose est arrivée, ils m’ont dit qu’ils me signeraient peut-être et qu’ils me feraient chanter mais au final ils m’ont dit que je n’étais pas prêt et que j’étais juste un compositeur et qu’ils voulaient le morceau pour un autre gosse qui a des followers. J’ai dû m’y faire au fil du temps parce qu’ils me donnaient mon rêve et ensuite ils le détruisaient. Maintenant j’ai la chance de pouvoir faire ce métier et je suis fier de m’être battu ».

En première partie de Tears For Fears, nous avons demandé à Justin Jesso comment il se préparait : « Je m’échauffe, je m’étire, je fais ça comme si je faisais du yoga. Je vais te montrer. Je fais ce truc de yoga où j’aime bien essayer de me pencher mais parfois j’ai une crampe et ça ne marche pas… Mais maintenant c’est bon, je pourrais rester comme ça et continuer de parler ! ». Il nous a également avoué que c’était plus dur de convaincre le public d’un autre artiste que de faire son propre concert : « Oh oui ça l’est, parce que lors d’un concert de Kygo, vous savez que le public est là pour lui. Ils sont essentiellement là pour nous. Et là, le public est présent pour Tears For Fears, ils s’en foutent un peu de moi. Donc je dois les convaincre de m’aimer et d’écouter ma musique. C’est un vrai challenge quand vous arrivez car ils ne connaissent pas vos chansons donc ils ne savent pas à quoi s’attendre. Ils espèrent juste que ce sera bien car ils sont vraiment là pour Tears For Fears. C’est vraiment un défi de faire la première partie d’un tel spectacle ».

L’intégralité de l’interview avec Justin Jesso est à retrouver dès maintenant en podcast audio et vidéo ! Et écoutez-le sur Hotmixradio Hits !

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