À la découverte de Mottron

Par 26/11/2020

Vous avez peut-être entendu l’un de ses titres dans la série « Élite »… À l’occasion de la sortie de son premier album, le jeune français Mottron est venu nous parler de « Giants » et nous a présenté son univers sonore et visuel.

© Asger Carlsen

Âgé de 32 ans, Mottron a commencé la musique à 17 ans, en tant que percussionniste : « Ensuite je me suis mis à la prod peu à peu et puis la composition a un peu pris le dessus et ma voix est venue ensuite. J’ai découvert ma personnalité avec le temps, vraiment sur la longueur ». Son premier album, « Giants », est sorti il y a seulement quelques semaines : « J’ai bossé chez moi pendant très longtemps parce que je voulais être certain de ce que je sortais avant d’être public, avant de faire des concerts, avant de sortir des trucs. Je voulais vraiment être certain de ce que je produis de façon à ne pas avoir à regretter d’avoir été publié trop tôt, trop jeune ». Composé de 9 morceaux, il lui aura fallu 3/4 ans pour avoir l’intégralité du projet et garder l’essentiel pour avoir « une narration qui fasse sens du début jusqu’à la fin ». Il ajoute : « J’aurais aimé juste en termes de chiffres avoir un morceau en plus éventuellement, mais le choix s’est fait naturellement parce qu’il n’y a pas deux chansons qui se ressemblent. Même en terme d’arrangements, j’ai vraiment essayé de garder l’album très, très hétérogène, mais en gardant la narration claire. En fait, j’ai galéré pendant longtemps à vouloir absolument rajouter un titre, je n’ai pas réussi, ça prouvait bien qu’il était terminé ».

Une chose se démarque dans ce projet : l’univers, à la fois différent et cohérent entre chaque composition. Pour arriver à ce résultat, l’artiste a fait appel à des musiciens lorsqu’il a une idée bien spécifique pour un morceau. C’est ce qu’il a fait pour « Fire », en travaillant avec Lionel Marchetti, qui a réalisé ces bruits de feux que l’on peut entendre : « C’est sa spécialité, créer des espèces de cinémas pour l’oreille. Je l’avais contacté parce que j’avais besoin d’un lieu extérieur, d’un truc qui soit un peu magique mais quand même très, très explicite et il est absolument excellent là-dedans ». Mottron nous explique également l’évolution de ses titres, entre l’idée qu’il avait au début et le résultat final : « Je prends beaucoup de temps pour composer, il peut se passer un an entre le début et la fin d’un morceau. Tu peux avoir une bribe d’émotion, la mettre en forme puis en fait te rendre compte que la sincérité de l’émotion n’était pas exactement là, mais elle était plutôt là. Donc tu reviens dessus jusqu’au moment où tu arrives à avoir entre les mains une pièce qui représente exactement l’essence de ce que tu avais en tête et ça, ça peut prendre du temps. Je n’ai jamais fait de morceaux d’une traite, sauf peut être éventuellement « Noon » qui est juste un piano-voix. J’ai dû le faire en deux semaines peut-être, mais sinon je suis quelqu’un de très indécis ». Dans sa biographie il est écrit : « Ce qui m’intéresse, c’est la lumière, les couleurs, l’ambiance », ce qui nous donne l’impression que l’artiste peint sa musique : « Ce qui m’inspire dans ma création, c’est tout sauf la musique, c’est les bouquins et les arts visuels. J’aime bien réfléchir comme ça quand je compose. J’aime bien essayer d’associer une couleur à un son, une image, un lieu, une temporalité. Je trouve ça plus inspirant que de composer juste en termes de musique dans le cadre de la musique, pour le cadre de la musique. Je trouve qu’on tombe très vite dans des lieux communs quand on fait ça ».

© Asger Carlsen

Lorsqu’on lui demande si un titre a été plus compliqué qu’un autre à composer, il nous répond : « « Sugarhearts » ça a été vachement compliqué parce que c’est un morceau que j’ai fait avec la chanteuse Tujiko Noriko et comme c’était une nana dont j’étais absolument fan, je ne voulait absolument pas la décevoir. Je suis passé par plein de versions et je ne lui en ai envoyé qu’une, heureusement, pour ne pas passer pour un dégénéré. J’ai essayé énormément de choses. Mais en vrai, ils ont tous été compliqués. Tous les morceaux avaient leurs grosses difficultés parce que j’ai grandi avec chaque titre. C’est d’ailleurs pour ça que l’album s’appelle « Giants ». Les morceaux étaient vraiment des montagnes à gravir ».

Et si certains de ces titres vous disent quelque chose, c’est probablement parce que vous les avez entendus dans la série « Élite » : « C’est l’équipe de production qui a voulu travailler avec ces titres-là. Donc, pour le coup, moi, j’ai pas vraiment eu à part de création là-dedans, mais au final, ça marchait très bien pour les scènes qu’ils avaient sélectionnées. Et puis surtout, ce qui m’a fait marrer, c’est que le public d’Elite n’est pas du tout mon public à moi. Et c’était super agréable, surprenant et émouvant de voir des gens peut être un peu plus jeunes ou d’un autre milieu s’intéresser à des compos comme « They Know », avec un vrai entrain ». Les séries nous ont emmené à parler de son univers visuel : en effet, Mottron a sorti un petit court métrage avec la réalisation de quatre clips, mis bout à bout les uns des autres. Il nous raconte : « En fait, Olivier Groulx, le réalisateur des quatre clips, c’est quelqu’un qui a une culture cinéma qu’on partage. Pour la création de ces quatre clips-là, on était vraiment partis sur une lumière très particulière qu’on aimait tous les deux. Je lui ai fourni mes textes et on est très vite tombés sur des atmosphères communes. Ensuite, ça s’est fait extrêmement rapidement entre le moment où on s’est contactés et le moment où je suis allé à Vancouver pour travailler avec eux. Je pense qu’il y a eu un mois. On a tourné les clips en quatre jours, un clip par jour ».

Si pour l’instant il n’a pas pu faire autant de concerts qu’il le souhaitait, il nous confie cependant qu’il préfère les salles assises plutôt que les salles avec fosse : « J’adore ça. Pour moi, c’est génial parce que c’est un autre type d’attention. Quand on est debout et que tu attends qu’on te fasse bouger, tu n’as pas la même exigence alors que quand t’es quand t’es assis, tu écoutes de la musique. C’est aussi une espèce de rapport un peu plus passif ». Lorsqu’on lui demande quelle serait sa performance rêvée en musique, il nous répond qu’il aimerait beaucoup bosser avec un orchestre, une dizaine de musiciens, dans un lieu tel que le Royal Albert Hall de Londres : « Ça me branche beaucoup les lieux un peu anciens avec une acoustique un peu particulière parce que du coup, ça implique de retravailler tes morceaux ».

En attendant un deuxième album sur lequel il a déjà commencé à travailler (60% du projet est déjà fait), vous pouvez découvrir son premier opus « Giants » sur toutes les plates-formes de téléchargement légal (il est également disponible en CD et vinyle).

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