Julie Zenatti nous parle de son nouvel album

Par 03/02/2021

Julie Zenatti est de retour avec un nouvel album intitulé « Refaire Danser Les Fleurs », un projet pop teinté de sonorités qui l’ont bercé. Elle est venue nous présenter ce projet en studio et nous parler de la création de l’album, de son aventure en tant qu’indépendante et de son concert live stream qui aura lieu demain, le 4 février.

Déjà plus de 20 ans de carrière pour Julie Zenatti, qui a sorti il y a quelques jours son nouvel album, « Refaire Danser Les Fleurs », son premier projet en tant qu’artiste indépendante, après avoir quitté (en bons termes) sa maison de disques. La chanteuse s’est inspirée des sonorités 70/80 pour cet opus, qui reste de la variété française : « On a toujours l’habitude de mettre des étiquettes sur le travail qu’on fait. Je continue juste à faire de la chanson française. Elle est teintée d’un univers un peu plus 70/80 dans le son, dans la production et aussi dans l’harmonie. Mais je ne suis pas passée de la variété française à de la musique caribéenne, donc je pense qu’on n’a pas trop de flou quand même la dessus » nous confie-t-elle en souriant.

Après le projet « Méditerranéennes », qu’elle a partagé avec de nombreux artistes dont son amie Chimène Badi et qui l’a vraiment marqué dans la façon de travailler et dans le message porté, Julie Zenatti s’est demandé ce qui pouvait l’intéresser et intéresser les gens pour un nouvel opus : « À ce moment-là, c’est un moment aussi où j’ai un peu changé ma façon de travailler, c’est-à-dire que je suis devenue le producteur de mon album. J’ai quitté après 20 ans de maison de disques, la maison de disques, alors non pas parce qu’on ne s’entendait plus, mais juste parce que je crois que j’avais un autre besoin de liberté. J’avais besoin de me mettre en danger. J’avais besoin de grandir, en fait. Tous ces changements-là m’ont beaucoup excitée et m’ont fait aussi extrêmement peur. Et je me suis, comme à chaque fois, plongée dans la création parce que tout d’un coup, j’avais plein d’émotions pleins de sentiments qui arrivaient et des histoires à raconter. Et puis j’ai basculé comme ça dans cette musique très 70/80 parce qu’en fait, de manière très instinctive, comme moi, j’avais besoin d’être rassurée à ce moment-là, sur l’artiste que je suis, sur tout ça. Je me suis rassurée en écoutant les chansons qui ont bercé mon enfance, qui m’ont construite artistiquement. Et puis, tout d’un coup, c’est ressorti dans ma musique en fait. Je suis allée chercher de la musique qui me fait du bien pour essayer moi-même de faire de la musique qui fait du bien ».

Elle nous raconte également pourquoi elle a décidé de se lancer en indépendante, un choix fait par de nombreux artistes de nos jours : « Un artiste, ce n’est pas forcément quelqu’un qui vend un million d’albums, qui fait 15 millions de streams. Il y a plein de facettes dans un artiste. Moi, j’avais envie de pouvoir continuer mon chemin sans avoir peur de ne pas… Je voulais pas me travestir pour essayer d’avoir les bons chiffres à côté de mes chansons ou de mon nom. L’album n’aurait pas été comme ça (ndlr : si elle était encore signée en maison de disques) parce qu’on m’aurait sûrement demandé des titres plus radiophoniques, des thématiques plus générales, on m’aurait sûrement demander de travailler avec des gens que j’aime beaucoup, mais qui ne sont pas du tout de mon univers musical. Donc, c’est sûr que ça aurait modifié mon artistique et puis ça m’aurait frustré aussi. C’est sûr. Et la frustration, ce n’est pas bon »

Pour coller à ce projet pop, dont le premier single est justement « Tout Est Plus Pop », la chanteuse a fait un très joli photoshoot où ce côté pop peut se retrouver. Elle explique : « J’ai travaillé avec beaucoup d’images de référence. J’y ai mis tout ce que j’aime et j’ai eu la chance de trouver quelqu’un qui a su répondre à ce que j’aimais en trouvant ça complètement cohérent. Et on a essayé de mettre une image sur chaque chanson ». Julie Zenatti se décrit elle-même comme un artisan : « Je fais tout c’est-à-dire que je vais même jusqu’à faire les décors de scène. J’adore. En fait, ça me plaît beaucoup de mettre les mains dedans et d’essayer des trucs. Des fois, je fais n’importe quoi, mais il y a des trucs où je me suis un peu perfectionnée avec le temps. Et du coup, que ça soit tous les visuels de mon album, l’écriture des clips, les visuels, les tenues, les chorés, tout ça, c’est mon truc, quoi ». Elle nous confie également qu’elle aimerait beaucoup travailler pour d’autres artistes et pense même qu’elle serait meilleure pour les autres que pour elle : « J’aime profondément les artistes. Quand j’ai fait « Méditerranéennes » pour moi, d’aller chercher des voix, de les imaginer dans des chansons, de leur proposer des mots, des univers etc, vraiment, ça a été une révélation de faire ça. C’est vraiment quelque chose que j’aimerais faire »

Parmi les sujets abordés dans « Refaire Danser Les Fleurs », on retrouve un thème particulièrement d’actualité en ce moment, le sexisme. Un thème qui n’a pas été facile à traiter et qu’elle partage avec Alban Lico : « Ça a été très compliqué parce qu’au départ, je pointais du doigt les mecs. Et en fait, non, je parle d’un sexisme, presque d’héritage dans cette chanson. C’est-à-dire que même moi, dans mes potes, je peux entendre parfois des réflexions, femmes au volant, mort au tournant, ce genre de petites réflexions qui sont hyper sexistes, mais qui sont rentrées comme ça dans notre quotidien. C’est tellement rentré dans notre inconscient qu’on se dit oui, c’est juste une expression, ça va, on se détend. Sauf qu’aujourd’hui, ce type d’expressions-là, on se rend compte, à la longue, que ça crée quand même une vraie perte d’estime de soi, de confiance en soi. Et puis, c’est surtout, je crois, le début de l’hémorragie. Il faut prendre l’hémorragie au début, avant que ça ne tourne au vinaigre. Je pense que là, les choses bougent. Mais il faut que les hommes soient nos alliés. C’est très important pour qu’on avance ensemble. Pour casser les modèles, les codes de pensée et qu’on replace la femme au bon endroit ».

Demain, (le 4 février), Julie Zenatti proposera un concert en live stream, depuis le théâtre de la Scala à Paris. Elle nous explique pourquoi avoir choisi cet endroit : « J’adore cet endroit, j’aime beaucoup les gens aussi qui tiennent cet endroit, qui sont des amoureux de l’art en général, que c’est aussi toute une équipe sur place qui a plutôt l’habitude de recevoir du théâtre plutôt que de la musique. Et je trouvais ça chouette parce que le théâtre, ça va à mon avis, être encore plus compliqué que la musique à pouvoir se remettre en place. Donc, c’est une façon aussi que tout le monde puisse un peu bosser ». Si vous voulez prendre votre place, rien de plus simple, il suffit de suivre ce lien. Pendant tout le spectacle, vous pourrez retrouver de nombreuses surprises, que ce soit au niveau des musiciens ou artistes invités par la chanteuse, mais également un spectacle créé de toute pièce pour cet événement, avec des arrangements et une setlist unique.

Si la situation sanitaire s’améliore, Julie Zenatti sera en concert le 28 mars à la Cigale à Paris, le 6 février 2022 au Trianon également à Paris et en concert dans toute la France à partir du 11 mars.

En attendant, vous pouvez retrouver l’interview en intégralité sur notre chaine YouTube et en podcast audio et écouter son single, « Paisiblement Fou », sur Hotmixradio Frenchy !

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