Emma Daumas présente « L’art des naufrages »

Par 08/02/2021

Il y a quelques jours, Emma Daumas a dévoilé son cinquième album, « L’art des naufrages » quatre ans après l’EP « Vivante ». L’artiste, qui s’est éloignée un moment de la vie médiatique, est revenue avec nous sur son parcours depuis la Star Academy, sur la création de cet album et sur son aventure en tant qu’indépendante.

Plusieurs années se sont passées depuis le dernier album de la chanteuse, qui a pris son temps pour revenir sur le devant de la scène avec un album qui lui correspond totalement. Elle nous explique : « Quand mon contrat s’est terminé avec Universal Music, j’ai vu ça comme l’opportunité d’évoluer vers de nouveaux horizons et un nouveau système. J’avais passé presque dix ans de ma vie dans les médias, dans l’univers de l’industrie musicale, et je sentais que j’avais besoin de me retrouver personnellement, artistiquement et d’essayer de nouvelles choses. Du coup, j’en ai profité à ce moment-là pour me recentrer sur le travail de l’écriture. Ça a été quelque chose très bénéfique pour moi et ça faisait très longtemps que je souhaitais mettre en avant cette facette de mon travail. Il m’a fallu le temps de travailler. C’est un réel engagement, un réel investissement, beaucoup de temps de travail. Et puis, j’ai été à ce moment-là accompagnée par Maxime Le Forestier aussi, qui a été super bienveillant et qui m’a transmis beaucoup de choses de son savoir. Et ça m’a donné confiance aussi pour évoluer, pour avancer. Chemin faisant, j’ai écrit des nouvelles chansons en 2016. J’ai écrit un roman aussi, « Supernova », en 2016. Et puis entretemps aussi, j’ai dû monter ma structure à la suite du décès prématuré de ma productrice. Tout s’est finalement mis en place pour que j’arrive à un système totalement indépendant. J’ai fait cet album en auto-production avec une équipe que j’ai choisi moi-même, mais avec quelque chose de très personnel en fait ». Une indépendance qui l’a emmené vers le chemin de la liberté : « Le mot clé de ma recherche, c’était la liberté. La liberté de pouvoir explorer des univers, des mondes sans formatage, sans avoir toujours l’envie de se mettre dans une case. J’ai toujours quand même eu ce besoin-là de recherche, d’explorer des choses. J’ai jamais fait deux fois le même album, même quand j’étais chez Universal, mais je pense que du coup, c’est ce qui fait aussi que j’étais un peu trop atypique pour ce modèle-là et que finalement, le modèle de l’indépendance me correspond effectivement bien davantage ».

Vingt ans après qu’elle ait participé à l’émission Star Academy, nous lui avons demandé si elle aurait pu se lancer en tant qu’indépendante à cette époque : « Il y a presque 20 ans, quand j’ai commencé, c’était indispensable de venir à Paris pour faire des rencontres, pour avoir un réseau, pour faire des castings. Il n’y avait pas la puissance d’Internet comme il y a aujourd’hui. Il y avait beaucoup moins de moyens d’émerger. Il fallait vraiment rencontrer les bonnes personnes, faire les bonnes rencontres au bon endroit, au bon moment. Donc, je ne sais pas si j’aurais eu toute cette chance, toute cette possibilité de persévérance si je n’étais pas passée par une émission de télé-crochet. C’était l’une des seules solutions pour une provinciale comme moi, qui n’avait aucun réseau, aucun contact et qui juste, faisait de la guitare, chantait et écrivait ses petites chansons dans sa chambre. Je suis très reconnaissante d’avoir pu participer à cette émission et d’avoir fait cette expérience qui a été vraiment extraordinaire ». Une expérience extraordinaire mais qui bouleverse tout une vie très jeune : « C’est très bouleversant comme expérience. D’ailleurs, on se déconnecte de la réalité du jour au lendemain et il m’a fallu beaucoup de temps pour me reconnecter. C’est impossible de reprendre une vie normale après ces expériences-là. Je pense que moi, ça a mis dix ans pour reprendre une vie normale, pour digérer et pour me retrouver parce que notre rapport aux autres est totalement bouleversé. Les gens qu’on rencontre s’adressent à la star que nous sommes, mais pas à la personne que nous sommes. Donc moi, c’est ce qui m’a le plus dérangé dans cette expérience-là, c’est de perdre le contact avec les autres. Et du coup, comme les autres sont un miroir, c’est aussi de perdre le contact avec moi-même et avec mon empreinte la plus personnelle. Il a fallu que je prenne le temps de redescendre et de me retrouver, de retrouver mes bases, mes valeurs, ma structure. Mais ça s’est fait parce que j’ai de très, très bonnes bases ».

Emma Daumas cherche aujourd’hui à revenir à des choses plus simples et à des projets basés sur l’authenticité : « Toute ma démarche, ça a été de déconstruire progressivement, tout ce que j’avais construit et d’aller à l’inverse de tout ce que j’avais vécu. Pour ça, je suis repassée par des choses très bouleversantes aussi, et notamment, ce qui m’a aidé, c’est des rencontres que j’ai faite avec des artistes contemporains qui m’ont mené dans des aventures très différentes, de jouer dans des centres d’art, de faire des performances, participer à des œuvres collectives comme ça, avec des gens qui n’ont pas du tout les mêmes codes que moi. Il a fallu que je lâche prise totalement et je me suis lancée dans des expériences qui m’ont vraiment nourri, qui m’a obligé à casser tous mes codes et à me lâcher. Ce qui fait que progressivement, j’ai pu comme ça revenir à quelque chose de beaucoup plus spontané et beaucoup plus simple, beaucoup plus sain à mon sens, qui était très direct avec la musique, tout simplement. Et c’est vrai que quand j’ai voulu reconstruire un nouveau projet, j’ai eu cette proposition. C’était un festival d’art contemporain qui s’appelle Marée Basse à Trouville-sur-Mer et on m’a proposé d’habiter une cabine de plage. C’est là qu’on a eu l’idée de faire un concert pour une personne puisque dans une cabine de plage on peut ne recevoir qu’une seule personne. En fait, on était très précurseurs parce que je suis sûre que ça cartonne en mode covid-19 ! Mais c’est vrai que c’est un rapport extrêmement intime et quelque part très déstabilisant pour moi, la chanteuse et un musicien, comme pour le spectateur qui lui est tout seul. C’était marrant de voir qu’il fallait quelques secondes pour s’apprivoiser et pour pouvoir sentir mutuellement nos émotions. C’était magique comme expérience, je pense que je ne me suis pas mal nourri de ça ». Derrière cet album, « L’art des naufrages », le message à retenir c’est qu’on peut traverser toutes les tempêtes tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts et ça nous sert au contraire à rebondir, à évoluer, à nous transformer.

Emma Daumas a fait un vrai travail autour des textes et des mélodies, pour que ces deux aspects trouvent facilement leur place et soient accessibles : « C’était très important, effectivement pour moi qu’on laisse la place aux textes, tout comme c’était très important que la musique reste la plus pop et accessible possible. Je pense que ma recherche, c’est quand même aussi le lien, encore une fois entre moi et les autres. Et je sais que quand on écoute des chansons, ce qu’on a envie de faire en tant qu’auditeur, c’est de chanter avec l’artiste. J’avais envie que ce soit des mélodies vraiment accessibles et qu’on puisse chanter ensemble, qu’on puisse les partager, qu’on puisse les communiquer ». Un seul texte n’a pas été écrit par ses soins « Amor L’Amour », mais par Valérian Renault, un texte qu’elle n’aurait pas pu écrire nous confie-t-elle.

Des concerts arriveront très prochainement si les mesures sanitaires s’allègent, avec notamment une date au Café De La Danse, le 7 avril prochain : « Ce que je peux dire, c’est que pour l’instant, on est quatre sur scène et qu’on travaille justement à cet alliage entre entre l’acoustique et le numérique, entre entre l’organique et l’électronique ».

À peine l’album sorti, la chanteuse se demande déjà sur quoi elle pourrait travailler dans le futur : « Je pense que encore une fois, j’aurais envie de me lancer dans quelque chose d’un peu différent. Je suis en train de penser à des choses plus collectives en ce moment. Il y a quelque chose que je n’ai jamais fait. C’est un concept album avec d’autres, par exemple avec d’autres artistes et là, je trouve que surtout ces derniers mois, on a besoin les uns des autres. On a besoin de s’amuser, on a besoin de se libérer et de se retrouver, de cultiver les liens. Ça me démange de monter un projet collectif ».

En attendant, vous pouvez retrouver et découvrir l’album d’Emma Daumas, « L’art des naufrages » sur toutes les plateformes de streaming et vous pouvez vous procurer le disque en physique sur le site web de la chanteuse, ici.

Les interviews

Radios associées

Pub

Facebook

Twitter

fermer Nous sommes en Facebook Live ☺ fermer
fermer REGARDEZ CE QUE VOUS ECOUTEZ ☺ fermer
Réduire
  • Loading..
  • 00:00

    Détacher le player

    Vous avez écouté

    AUDIO

    • MD
      • HQ
      • MD
      • SD

    Silence