Un album beaucoup plus personnel pour Yelle : interview

Par 06/04/2021

Yelle est de retour avec un nouvel album sorti en 2020 et intitulé « L’ère du Verseau ». Un nouvel opus qui est sans doute le plus personnel du duo, où ils se confient notamment sur leur relation avec le public français qui n’a pas toujours été facile, alors qu’ils cartonnent à l’étranger et ont notamment participé trois fois au célèbre festival Coachella, aux États-Unis. Rencontre avec Julie.

Si le duo n’avait pas sorti d’album depuis « Complètement Fou », paru en 2014, quelques nouveaux titres et remixes ont su faire patienter les fans avant l’arrivée l’année dernière de « L’ère du Verseau » : « On avait envie de sortir des titres sans se mettre la pression, sans justement être dans un format album. Et on trouvait ça assez intéressant qu’il n’y ai pas forcément de liens entre eux. C’était vraiment quand on avait un titre qui était prêt qu’on le sortait, on sortait un clip et ça nous a donné, je pense, beaucoup de liberté de faire les choses comme ça, de ne pas se mettre de pression ». Cette méthode ne les a pas aidé à trouver l’ADN de l’album, mais plutôt à explorer de nouvelles choses, comme avec le titre « Oh My God », qui n’aurait pas eu sa place sur cet opus, nous confie Julie.

« L’ère Du Verseau », le nom de l’album, est tiré notamment de la médecine chinoise où l’humain reprend sa place au centre de la société. Un nom plutôt approprié avec ce que l’on vit à l’heure actuelle : « J’ai le sentiment que justement, avec par exemple avec cette pandémie, on remet un peu l’homme, l’humain au cœur de la société avec de l’entraide, etc. Ça nourrit aussi une forme de solidarité, ça a réveillé des consciences. J’ai l’impression que pour accéder à l’ère du Verseau, il va falloir passer par des moments un peu difficiles comme ça. Dans les textes que j’ai pu lire, l’ère du Verseau, c’est pour 2260 mais en tout cas disons qu’il y a peut-être les prémices de ça. Il y a un état d’esprit. On avait vraiment envie d’utiliser ce titre pour donner un état d’esprit à l’album. Quelque chose justement qui soit tourné vers l’humain, dans un monde plus apaisé, plus tourné vers l’environnement. Tout ça a quelque chose de plus doux que ce qu’on peut vivre actuellement ». Et l’album s’ouvre avec « Emancipense », un titre frontal où on entend directement Julie chanter, et qui a eu plusieurs formes : « Des fois il y a des morceaux qui ne sont pas prêts. Ça vaut le coup de laisser mûrir les choses » dit-elle, alors que la création du morceau a débuté entre 2016 et 2017. Dans le titre « Je t’aime encore » leur relation avec le public français, qui ne les a pas toujours suivi est évoquée : « J’ai pu avoir cette sensation avec la France de pas être comprise. Que ma musique ne soit pas comprise, appréciée. J’avais des fois l’impression que le fait d’avoir fait le grand écart entre des choses très grand public et des choses plutôt indés, ça avait un peu brouillé les pistes. Ça nous tenait à coeur de raconter cette histoire. Je crois qu’on avait envie de marquer un peu le coup en faisant le bilan, tout simplement, mais aussi en disant peut-être soyez curieux, allez écouter aussi les choses qu’on a pu faire dans le passé. Je reçois beaucoup de messages de gens qui me disent ah, mais j’étais complètement passé à côté de cet album, de « Complètement Fou » ou de « Safari Disco Club », je redécouvre ». Difficile à comprendre pour ce groupe qui a participé trois fois au festival Coachella aux États-Unis et qui raconte cette fast-life avec des concerts partout dans le monde dans le titre « Mon Beau Chagrin ». Nous avons demandé à Julie comment elle se sentait en cette période : « C’est vrai que c’est compliqué, surtout quand on prépare un album et que, du coup, tu te projettes sur un planning, une tournée, etc. On a vraiment eu l’impression d’avoir les jambes coupées dans la course. L’album est sorti en septembre, on a fait une résidence en octobre pour partir en tournée, et puis pouf, le deuxième confinement est arrivé. Et puis là, on a du mal à se projeter. Moi, j’adore ça. J’adore faire de la scène, c’est vraiment ce qui me manque le plus en ce moment et je commence un peu à mal le vivre »

À noter également que l’album est un petit peu plus mélancolique que les précédents, notamment parce que le duo évolue et grandit : « On a un autre regard, on va dire sur le monde, on est un petit peu moins naïf aussi. Je pense qu’on se rend compte que ce qu’on projette comme idéal de vie ce n’est pas forcément si évident que ça. Et c’est un petit peu un mélange de tout ça, de grandir, de se rendre compte de la dureté aussi parfois de la vie, de vivre des expériences douloureuses aussi ».

Parmi les titres de l’album, il y a « Noir », qui vous avez sans doute pu découvrir dans la pub pour la marque de voitures Kia. Elle nous raconte comment on se retrouve dans une raccro : « C’est juste un coup du sort, ça tombe dans les bonnes oreilles au bon moment. C’est un peu la magie des synchros. C’est déjà arrivé par le passé qu’on nous dise qu’on va être dans une raccro et ça se n’est jamais fait. Maintenant, on n’y croit plus, et puis quand ça s’est fait on était super content, c’était une super belle surprise »

L’intégralité de l’interview avec Yelle est à retrouver dès maintenant en podcast audio. Vous pouvez également écouter « Noir » sur Hotmixradio New !

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