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Album : « Divergente » – Chronique par Thomas VDB

 

Écoutez je vais pas vous la faire à l’envers : c’est Anaïs qui m’a demandé d’écrire un truc pour accompagner l’envoi de son nouvel album aux médias et (j’imagine aussi) aux magasins de disques « comme argu’ ».

 

Je n’écris plus beaucoup sur la musique et tout ça, des chroniques de disque, je ne sais plus trop quoi dire. Donc quand Anaïs m’a appelé je suis senti un peu emmerdé parce qu’elle m’a dit « je t’envoie le disque et si tu n’aimes pas, dis « non » y aura pas de problème ». Mais même si ce genre de situation est toujours délicate (si je n’avais pas aimé le disque je me voyais difficilement la rappeler en lui disant « EH BAH PAS DE BOL J’AIME PAS DU TOUT DU TOUT DU TOUT». Mais j’ai écouté le disque et ça m’a réconforté pour deux raisons : d’abord, que je n’aurai pas à me mettre dans une telle situation parce que je trouve que son nouvel album est génial. Tellement que c’est la deuxième raison pour laquelle j’ai été réconforté (je ne vous avais pas précisé je n’étais pas au top moralement avant de commencer à l’écouter).

 

Moi à la base ce qu’on peut assimiler de près ou de loin à de « la chanson française » c’est moyen mon dada. Disons que c’est moins « ma grande passion » que ce qu’étaient les chevaux pour Omar Sharif par exemple. Mais y a des noms qui sont toujours ressortis (et pas beaucoup) et depuis que je la connais, Anaïs en fait partie. Probablement parce qu’au fond, elle ne pratique pas tout à fait « de la chanson française », pas du tout même. Ce serait bien plus souvent même de la « chanson anglaise ».

 

La première fois que je l’ai rencontrée, je me souviens d’elle en jean et tee-shirt blanc, j’avais aimé ça tout de suite, quelqu’un qui attache si peu d’importance à son style vestimentaire ne m’inspire que de la confiance et une sympathie immédiate. Elle tournait ce soir-là le DVD du Cheap Show, sa chanson « Mon coeur Mon amour » allait bientôt être la chanson qu’on ne pourrait plus aller nulle part sans entendre, même si je doute que ça se dise « nulle part sans entendre ».

 

Je savais déjà que Anaïs était une vraie chanteuse (ce qui changeait déjà un peu des chantonneuses). J’avais été abasourdi d’apprendre que c’est Dan The Automator qui produisait son deuxième album, le « Love Album ». Limite si j’avais été musicien j’aurais été jaloux. Et puis elle a continué à me surprendre et à me plaire parce que ses deux albums suivants « À l’eau de Javel » et « Hell No Kitty » contenaient aussi des titres qui m’avaient scotché.

 

Divergente, c’est le nom de son nouveau disque et c’est sûr que « divergente » elle l’est probablement un peu trop : le premier titre de son nouveau disque s’appelle « Schizophrénia » et la boîte de production qu’elle a montée s’appelle REFT (parce qu’elle ne sait pas immédiatement dissocier sa droite de sa gauche). Elle a repris Edith Piaf et Mistinguett mais avec des membres d’Aufgang ou DJ Netik… Elle est chanteuse, mais elle s’est aussi essayée au cinéma.

 

Donc c’est pas étonnant que son nouveau disque diverge autant. Dominée par des influences pop, parfois soul… voire rap (le lancinant « Why Are You So mean ») les chansons s’enchaînent comment autant de saynètes, et le disque n’est pas loin de faire penser à une sorte cabaret minimal. Et voilà, bim ! « une sorte de cabaret minimal », c’est parti ! C’est pour ça que c’est toujours pénible
les bios d’artistes, on sort toujours des expressions comme « voix cristalline » ou « mélodies bien ciselées ». Alors est-ce que ça vous parle si je dis que j’ai trouvé la production « très organique » ? Que « I hold My Lamp » m’a semblé « mâtiné d’influences Astrud Gilberto » ? (d’ailleurs je ne dois pas avoir complètement faux puisqu’elle précise sur la pochette que ce titre est « à écouter près de la fenêtre quand il pleut ») Que j’adore l’idée que ce n’est que pour une question d’emploi du temps que Bonnie Rait (dont elle est ultra fan) n’a pu se joindre à elle sur le country-folk « You came and You Lied » (sur lequel elle n’aurait d’ailleurs clairement pas déparé) ? Que j’adore l’idée qu’elle enchaîne un titre qui s’appelle « Smoking Like a Bastard » avec un autre qui s’appelle « Je n’boirai plus jamais » (qu’elle commence en chantant comme une druidesse new-age – j’espère que je vous aide à y voir clair dans cet album) ? Que Bain Moussant soit l’idée d’un duo (hélas pour elle) fantasmé avec Robin Thicke ?

 

Elle aime bien ça les duos Anaïs, donc quand elle ne peut pas les faire en vrai, elle les vit dans sa tête. D’ailleurs elle réinvite (en vrai) son pote Nathaniel Fregoso de The Blood Arm pour la seconde fois de sa discographie pour l’avant-dernier morceau le détonant « I could’n t Love You » mise en bouche du dernier titre de l’album « Losing My Mind », une reprise disco de Liza Minelli et les Pet Shop Boys, enregistrée avec les musiciens de Gush. « Cabaret » j’étais pas hyper loin. En tout cas, clairement, Anaïs s’amuse.Il m’a fallu le « Love Album » pour comprendre qu’Anaïs était une vraie chanteuse et pas seulement la performeuse marrante du Cheap Show. C’est pour ça que je n’arrive pas à savoir si elle croit ce qu’elle dit quand elle chante (très langoureusement) qu’elle a « retrouvé son mojo », pour moi elle ne l’avait jamais vraiment perdu. Ce qui est sûr en tous cas c’est qu’elle accepte aujourd’hui que toutes ses divergences soient sa richesse. C’est pas grave si Anaïs ne sait pas si elle est une chanteuse de textes, de folk, de soul, de rap, de pop puisqu’elle est aussi à l’aise dans chacune de ces incarnations.

 

(voilà et donc je rajoute ce petit paragraphe en plus parce que je trouvais que terminer par « Folk soul rap ou pop, Anaïs est aussi à l’aise dans chacune de ces incarnations. », ça faisait vraiment trop « phrase de fin de bio », donc j’ai rajouté ce petit paragraphe pour faire croire que c’était pas la vraie fin). Mais en vérité je vous le dis j’adore le nouveau disque d’Anaïs.

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