ARCADIAN

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Album : « Marche Ou Rêve »


On les avait quittés sur « les sables émouvants » il y a un an et demi. « Ce mois d’août qui dure toujours », nous trotte encore dans un coin de la tête… Yoann, Florentin et Jérôme ont donné des dizaines de concerts après la sortie de la réédition de leur premier album à succès « ARCADIAN ». 120 au total. « La folie arcadienne » portait bien son nom. Un peu plus de deux ans après la parution de leur premier disque (avril 2017, plus de 80 000 exemplaires vendus), le trio revient avec douze chansons.

Des morceaux directement inspirés par la première tournée de leur vie. Un tour de France qui a marqué les jeunes amis. Quelques semaines à peine après le dernier show, les vingtenaires se sont remis au travail. Une centaine de chansons passent entre leurs mains. Ils sélectionnent finalement des textes de Vincha, de Ben Mazué…Des titres qu’ils retravaillent ensemble, co-écrivant certains morceaux. L’envie ? Retrouver l’énergie des concerts qu’ils viennent de vivre. « Cette tournée a été une belle claque dans la gueule » avoue Yoann. « Ça a été une révélation pour nous. », abonde Flo. « Ce deuxième album a été pensé pour le live, chaque chanson devait être transposable facilement à la scène », ajoute-t-il. Une forme de cahier des charges. Une ligne directrice. « On voulait que l’auditeur entende un groupe jouer, qu’il imagine Flo aux percus, Jérôme au piano et moi à la guitare », explique Yoann. Comme un retour aux sources finalement. « A la base, Arcadian est un groupe de scène, on s’est rencontré lors d’une jam session, on a joué dans le métro et dans des bars avant The Voice, on a voulu revenir à nos racines. », souligne Jérôme.


Le trio joue des instruments sur tous les morceaux de ce deuxième disque. Yoann jongle toujours avec les guitares et a attrapé une mandoline. Flo est toujours sur son cajon et s’est amusé à la batterie et avec plusieurs percussions. Jérôme renoue avec les claviers, piano et claviers additionnels. Surtout, le trio a élargi son horizon : « On entend des cordes écrites par Nino sur presque la moitié des morceaux », explique Jérôme. Nino, c’est Nino Vella, le jeune réalisateur de 26 ans (complice du rappeur Boostee ou de Yannick Noah) que le trio a choisi. « Avec lui, ça a été immédiat, on est de la même génération », expliquent en chœur les trois chanteurs. Et de rappeler le rôle toujours prépondérant de Benoît, le manager de toujours. Il a apporté son regard de grand frère écrivant et composant quelques morceaux. « C’est grâce à lui qu’on en est là », assure le groupe. Avec leur réalisateur, Yoann, Flo et Jérôme ont voulu gommer légèrement les éléments électroniques qui ponctuaient leur premier effort : « On a laissé de côté les logiciels pour revenir à quelque chose de plus organique », explique Florentin. « Cela donne un côté imparfait. Le grain de nos voix ressort d’ailleurs beaucoup plus dans ces arrangements », ajoute Yoann.


Les nouvelles chansons d’Arcadian ne décevront pas les premiers fans du groupe pour autant. Leur communauté est d’ailleurs déjà impressionnante : près de 90 000 abonnés sur le réseau social Instagram, 55.000 sur Twitter et près de 125.000 sur Facebook. Ceux-là apprécieront probablement le travail apporté aux harmonies vocales sur ce nouvel opus. « Ça, c’est le boulot de Jérôme », se marrent Flo et Yoann. Jérôme, dont le cursus musical a été prépondérant : « J’ai fait toute ma formation musicale en Suisse, pas mal de solfège et j’ai eu un formidable professeur de piano », dit-il. « Ce qu’il ne vous dira pas, c’est que Jérôme a l’oreille absolue, et ça nous aide beaucoup », précise Yoann. Les morceaux « Cours » et « Un jour ou l’autre » sont les exemples les plus flagrants de cette nouvelle approche vocale.


Sur cet album, chaque membre du groupe a voix au chapitre. Ils ont arrangé dix des douze chansons. Dans « L’homme que je suis », par exemple, les garçons se partagent chacun un couplet et un pré-refrain. Comme pour mieux s’approprier les textes qu’ils ont voulu les plus sincères possibles. « Oui, on a travaillé avec des auteurs, parfois il faut un parolier extérieur au groupe pour synthétiser notre état d’esprit global », développe la bande. « C’est très difficile quand on est trois, on a chacun notre vécu, notre vision. Il fallait quelqu’un pour trancher », développe Yoann.


La thématique globale du disque s’est pourtant imposée à eux : la vie et son « éphémérité ». En mai 2018, Mathilde A., leur jeune chef de projet au sein de leur label Mercury et amie meurt brutalement dans un accident de la route. Un drame qui bouleverse les membres d’Arcadian et inspire le titre « Pas d’adieu ». Une chanson coup de poing. « C’est l’événement qui nous a le plus marqué ces dernières années et qui nous a touché tous les trois. On savait qu’on voulait faire un titre pour elle. Mais pas un morceau larmoyant. Il devait être solaire comme était Mathilde. Un soir, j’étais en train d’écouter des titres qu’on avait mis de côté et je suis retombé sur une maquette qu’on avait intitulé ‘Pas d’adieu’, j’ai appelé immédiatement Flo et Jérôme. J’ai su que c’était cette chanson. Quoi qu’il arrive, elle ne sera jamais partie, c’est le message de ce titre », raconte Yoann qui a coécrit le texte. « On lui doit tout, elle nous a toujours soutenus ». Avec l’autorisation de la famille, les chanteurs ont introduit à la fin de la chanson une note vocale qu’elle leur avait envoyée sur leurs téléphones. Le trio voulait chanter le besoin de profiter de la vie, sans trop se projeter dans le futur. « On a voulu faire un album qui réconforte. On est un groupe de solutions, pas de problèmes », rit Yoann. « Bonjour, merci » envoyé en éclaireur mi-janvier a été écrit après le départ d’amis partis faire un tour du monde. « On n’a qu’une vie, faut y aller à fond. », s’est dit la bande. « Cours vers ta vie avant qu’elle ne s’échappe » entend-on dans la chanson « Cours ». « C’est le discours que l’on entendait gamins », développe Arcadian. « On a toujours été soutenus par nos familles, il faut vivre la vie comme on la souhaite et la vivre au temps présent », explique Jérôme.

C’est aussi la sève du titre « Petit à petit » né après un échange vécu par le groupe l’an dernier. « On était en terrasse à un café, près du Bataclan à Paris. Nos instruments étaient posés à côté de nous. Et on entend un gamin, un peu malicieux, demander à sa mère ‘si je prenais une guitare et que j’allais jouer dans le métro, tu penses que je pourrais devenir un artiste ?’. Sa mère lui a rétorqué ‘tu veux finir à la rue ?’. On a regardé le petit, on a été le voir et on lui a dit ‘tu vois le Bataclan, là ? Nous on a commencé à jouer dans le métro et demain on remplit cette salle’. La maman s’est offusquée ‘vous pouvez lui dire aussi que c’est dur’. Ce à quoi on a répondu ‘on n’a jamais dit que ça n’était pas dur, mais que ça n’était pas impossible’. » raconte Yoann. « Les remarques peuvent blesser et briser les rêves. », conclut Flo. L’enfance et les mots qui blessent, sujet d’une autre chanson « L’homme que je suis ». Flo se souvient : « quand j’étais gosse, on se moquait de mon nez. Moi, ça m’a donné la niaque mais cela peut détruire un enfant. Le harcèlement scolaire est toujours d’actualité. Les jeunes entre eux sont affreux ». La chanson « On est là » s’adresse à Paulo, un ami commun du groupe largué par sa copine. Il y est question de souvenirs qui vieillissent, de la vie qui défile et de l’importance de l’amitié : « On est là pour le meilleur et pour le pire de nos vies » chante le trio. « Être un groupe, ça rend plus fort. On ne connait pas la solitude. On a toujours quelqu’un à qui parler.», dit Yoann.


La trentaine approchant doucement, des chansons sur le temps qui passe se sont imposées au groupe. Et les peurs qui vont avec : « Quand j’en aurai fini de courir après moi / de me perdre dans ma vie / Quand le matin j’aurai confiance en moi / Et que mes doutes auront disparu au-delà », clame Arcadian dans « Un jour ou l’autre ». « On arrive à un stade de nos vies d’hommes où l’on pose des bases solides, on commence à prendre du recul, à penser à la vie de couple…», expliquent les garçons. Dans « Différent », ils crient leur envie d’aimer sans jugement : « Si tu veux de moi quand même / On verra bien ou ça nous mène », chantent-ils dans le refrain.


Le morceau « Pas de modèle » fait référence à leur génération décomplexée face à l’amour. « Il n’y a pas de règles dans les couples d’aujourd’hui », clame Flo pour expliquer le message de cette chanson. « Hétéro, platonique, homosexuelle, il n’y a aucun modèle de relation aujourd’hui, le but c’est d’être heureux », ajoute-t-il. Jérôme poursuit : « notre génération s’est émancipée en ce qui concerne l’amour ». « Mais, notre génération a peur de l’engagement. Elle n’a pas confiance en elle. Elle est lâche, un peu égoïste aussi. Nous sommes bridés d’une certaine manière. Le plaisir personnel passe avant l’autre, alors qu’à deux on est plus forts. Mais, l’amour, c’est devenu presque aussi compliqué que de devenir millionnaire », se marre Yoann. « On se lasse vite aussi », rigole Jérôme en parlant de la chanson « Lassitude » – au flow rappé – où résonnent les mots « On se plaît, puis on se lasse. En secret, on ment quand on s’enlace. La passion fane, les baisers fades, on est trop lâche ».


Un peu lâche en amour, la génération d’Arcadian l’est moins dans les autres domaines. « Notre génération a ses défauts mais a conscience des choses, on a envie de s’améliorer, de s’entre-aider. », explique Yoann pour introduire la chanson « Essayer » qui fait écho à la situation de la planète, la solidarité et le vivreensemble. « C’est par nous que tout ça, ça va changer », promet le groupe. Yoann, « le relou de la bande », Flo « le plus flippé » et Jérôme « le plus rangé » affichent une complicité intacte et des relations plus apaisées aujourd’hui. « On se connaissait très bien quand est sorti le premier album. Maintenant, on se connait par cœur. On ne s’use plus sur des détails. », disent-ils. Même s’ils ne vivent plus dans la même collocation parisienne, les garçons confient passer énormément de temps ensemble. « On est amis, mais on a aussi une relation professionnelle », précise Jérôme. Yoann : « Nous serons liés à vie quoi qu’il arrive, ça fait cinq ans que l’on se connait et que l’on fait de la musique ensemble, qu’on ne se lâche pas, on a accepté nos défauts autant que nos qualités ». « Notre ciment, c’est la musique », conclut Flo. « Ce que l’on sème / c’est comme ça qu’on est resté les mêmes » chantent-ils d’ailleurs dans le titre « Les mêmes ». Morceau sur la fidélité et le respect de leur public. Arcadian clame son envie de ne pas changer. Cette deuxième collection de chansons s’intitule d’ailleurs « Marche ou rêve ». Tel un mantra plein d’optimisme. Une envie de mouvement. Un besoin d’avancer, sans oublier ses rêves d’antan et ses valeurs.

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