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CHILLA

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EP : « Karma »

 

Maréva Rana, de son vrai nom, fait preuve dans ses choix musicaux, son flow, ses textes et sa vie d’une maturité étonnante pour une jeune fille de 23 ans. Depuis quelques années, elle promène son timbre à la fois grave et mélodieux sur des freestyles remarqués par les plus grands noms du rap français. Celle qui s’est construite toute seule se fait, dès 2017, inviter par Big Flo et Oli, Kery James et Féfé en 1ère partie de leur concert et sur des projets de Fianso (comme Le Cercle).

« Il ne faut pas être un chasseur de talents pour remarquer celui de Chilla. Il saute aux yeux, il est indéniable. Elle passe du rap au chant avec une aisance déconcertante comme pouvait le faire une Lauryn Hill. De plus, c’est une personne simple, humaine et sensible. Elle est jeune ce qui lui laisse une possibilité d’évolution artistique importante. A mon sens, elle est loin d’être au bout de son chemin musical  » Kery James.

Une marque de confiance qui témoigne de la jolie reconnaissance dont bénéficie déjà celle qui sort aujourd’hui Karma, un 1er EP de 10 titres travaillé avec l’un des plus incontournables producteurs français, TEFA (Kery James, Diam’s, Vald, Fianso, LEJ, Kayna Samet, Sinik, Lino…).

Si la réussite sourit aujourd’hui à Chilla, c’est à force de travail et d’une détermination à toute épreuve pour faire de la musique sa vie. « J’ai pris ma petite fusée pour aller décrocher la lune après, est-ce qu’elle va se laisser attraper, je ne sais pas… » confie-t-elle. « En tout cas, je n’ai jamais voulu vivre pour subir ma vie. La seule et unique passion et motivation que j’ai, c’est de faire la musique. » Tout commence dans le Pays de Gex près de Genève. Celle qui n’est pas encore Chilla débute le violon à 6 ans et continue à développer son art en école privée jusqu’à ses 15 ans. Après échecs scolaires et épreuves personnelles, elle prend seule la décision de partir, en 2nde, en internat à Annecy, toujours en option musique. Dès son cursus scolaire clôturé, elle lâche alors le violon pour le rap, musique qui la suit depuis toujours et qui correspond parfaitement à son envie adolescente de « cracher sa colère ».

L’ex-fan de Reggae se tourne alors vers l’écriture hip-hop et les mots l’emportent tout naturellement vers un mélange de rap et de chant. « J’avais envie de parler dans mes chansons, je voulais des titres emplis de sens mais aussi d’émotion et de sentiment. Et de colère. Le rap c’était le genre parfait pour exprimer tout ça. Autant je peux parfois avoir envie de délires et d’egotrips sans me prendre au sérieux, autant il y a toute une partie de moi qui avait envie de démonter des choses, de m’ouvrir sur moi, sur mon passé et de chanter ça aussi. Mais je n’avais pas envie d’écrire des chansons, j’avais envie d’écrire du rap. »

Cette dualité dans l’interprétation est l’une des plus belles forces de cette tête brûlée qui a décidé de ne pas choisir entre son amour pour Kery James, Sinik et Youssoupha et sa passion pour Lauryn Hill, Amy Winehouse et Billie Holliday. Celle qui aurait pu écrire Incassable de Diam’s ou Ecorchée Vive de Kayna Samet ne mâche jamais ses mots pour mettre ses coups de gueule féministes sur papier, comme avec Si J’étais Un Homme, qui revient sur les inégalités hommes-femmes ou Sale Chienne, morceau qui l’a fait connaître. « Je sais que j’ai cette étiquette « rappeuse féministe » et je l’assume pleinement. Je ne peux pas m’empêcher réagir à ce qui se passe pour les femmes aujourd’hui. Dès les vues de mes vidéos ont commencé à augmenter, je me suis immédiatement rendue compte que les femmes-artistes sont exposées à des commentaires toujours plus désobligeants. J’ai été confrontée à des choses très dures : du sexisme, du machisme, de la violence pure, gratuite. « Sale Chienne », c’est une réponse claire et nette aux haters du net. »

Un double visage dans sa musique qui est le reflet de son caractère complexe. L’ancien garçon manqué, qui a souvent été entouré d’hommes, a dû se positionner et développer son côté corrosif, aime à dire qu’être féministe ne veut pas dire oublier d’être féminine. « Ça serait complètement hypocrite de ma part de me la jouer ghetto, je viens d’un petit village au fin fond d’une campagne paumée. J’ai toute une partie de moi très féminine et j’ai envie d’assumer pleinement, de dire « je viens rapper, je suis en talons, y’a quoi ? » Parce que j’ai tous les droits de faire du rap et d’être féminine. Peu importe si ça plait ou si ça choque. C’est mon droit et je le prends. »

Après avoir fait couler beaucoup d’encre avec sa Lettre au Président (visionnée plus de 300 000 fois) qui a passionné les plus grands médias français (comme le Huffington Post ou Le Parisien) par la justesse de son propos, puis explosé les compteurs sur YouTube, cumulant plus de 8 millions de vues sur sa chaine officielle, c’est l’heure du 1er EP, Karma, que Chilla définit comme sa « carte d’identité ». Comme elle le dit si justement : « Je suis une fille paradoxale : il y a ce côté de moi qui kicke, il y a celui qui chante, une partie de moi qui est triste, l’autre en colère ; on peut me voir écorchée comme mélancolique, emplie de vague à l’âme. Cet EP, c’est juste une palette de mes émotions. »

On retrouve sur ce dix titres ses tubes Sale Chienne ou Si J’étais un homme mais surtout de nouveaux sons, tous étonnants. Le doux Chico, souvenir d’un être cher, est peut-être son morceau le plus personnel, avec Je Viens de Nulle Part, condensé de toutes ses influences musicales qui revient sur ses origines. La demoiselle rappe dur et enchaîne les punchlines sur Moral, efficace règlement ses comptes avec ses détracteurs, sur Carpe Diem, un egotrip des plus réussis ou Millionaire, aux côtés de Fianso, où son flow se fait toujours plus assuré et technique. Mais elle sait aussi jouer de ses cordes vocales sur Trouble, où elle dévoile son côté sombre ou Aller Sans Retour, titre témoin d’une jeunesse à la dérive qui « se construit à la force de ses mains ». Karma, la palette musicale aux mille couleurs de la nouvelle étoile d’un rap anti-machiste, conscient et générationnel, qui impose un style d’une rare richesse, doucement mais surement.

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