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CORINE

Ecoutez Corine sur Hotmixradio.


Biographie : EP « Fille De Ta Région Vol 2 »


En 2017, a sonné l’heure d’une révolution féminine. En 2018, devrait retentir celle d’une révolution Corine. Au #meetoo, répondra le #leeloo, du nom de l’héroïne d’une de ses chansons, « Marche nocturne ». Car Corine, flamboyante diva disco glam/disco-charme, à la crinière peroxydée et aux paupières pailletées a ceci de commun avec Simone de Beauvoir et Michelle Obama qu’elle pousse le beau sexe à l’empowerment, à commencer par elle-même. Mine de rien, cette hédoniste extravertie, capable de prendre sans raison l’accent québécois pendant toute une soirée, (se) nous réconcilie avec cette part obscure de nous-mêmes qui rêve de se huiler le corps façon friture en été et de porter un bikini vert avec des bottes fourrées en hiver. « Finalement, il faut cultiver la joie, lâcher prise afin d’arrêter de réfléchir. S’amuser avec la sensualité», soupire la divine créature en appliquant une énième couche (inutile) de gloss irisé sur ses lèvres. Sorte de Philippe Katerine au féminin qui bouscule les codes et dérange, aussi à l’aise sur une croisière qui s’amuse que dans un bar interlope, Corine a ceci de commun avec Germaine Tillion et France Gall qu’elle résiste. A la morosité ambiante, aux querelles de chapelles musicales, à la misogynie qui voudrait qu’une chanteuse ait rarement de l’humour, qu’une bimbo soit bête, qu’une artiste jouant de son sex-appeal tapine, etc. Le plus épatant est que cette militante du cocktail à trois couleurs, du ceviche et du sauna pour tous rassemble. De Paris à Angoulême, les enfants l’adorent, les personnes âgées la kiffent, les marques de luxe, comme Rykiel, se l’arrachent, les branchés lui trouvent du troisième degré. Pourtant, c’est au premier degré que Corine prône le vivre-ensemble. Surtout s’il consiste à danser les bras levés, le torse luisant de sueur et compressés comme des sardines, sur un petit mètre carré de dancefloor.
Car cette folle du beat, vivant en permanence à 120 BPM, est restée fidèle à l’oecuménisme disco. Une musique surgie au coeur des années 70 dans les boîtes italo, afro ou latino-américaines de New York ou Miami et qui aura été, à ses débuts, l’apanage des minorité : les femmes, les homosexuels, les noirs, les latinos. Corine a ceci de commun avec Madonna et Guesch Patti d’avoir été une égérie gay quasi au berceau. Sa musique lascive et irrésistiblement groovy, aux arrangements concoctés à trois en studio (Marc Collin, initiateur du projet Nouvelle Vague et grand fan de disco et d’italo-disco, le DJ-producteur Dorion Fiszel et elle-même) puis interprétés live par six musiciens, concourt à la renaissance moite d’une culture du désir, du plaisir et de l’extase dans les soirées de la capitale où l’on croise la fine fleur des nouvelles drag queens. Mais c’est en région que Corine qui avait appelé son EP « Corine, fille de ta région » en hommage au Minitel rose de son enfance, exerce le mieux son pouvoir érotique. Sa poésie imagée née d’une répétition (« Pourquoi pourquoi ») ou de termes de golf (« Bingo ») interpelle, ses morceaux plus mélancoliques comme « Pluie fine » (remixé par Polo & Pan) ou « Cocktail » font frissonner. Sur scène, sa diction lente et distanciée très Nouvelle Vague rend hommage aux actrices qu’elle vénérait, petite, comme Jeanne Moreau dans « Jules et Jim » ou Bardot dans « Le Mépris ». Corine a ceci de commun avec B.B. et Sophia Loren qu’elle assume sans honte et sans (ou plutôt avec beaucoup de) fard une féminité pulpeuse et rétro. « Cette féminité, c’est aussi celle de l’esthéticienne ou de la coiffeuse de mon enfance qui, quoique vivant dans un petit village agricole de trois mille habitants où il ne se passait jamais rien, étaient toujours impeccablement coiffées et maquillées », précise t-elle tout en laquant ses ongles d’une poussière d’étoiles.

Corine, parfaite incarnation de la femme française ? On comprend mieux pourquoi Juliette Armanet, nouvelle sensation
pop dépêchée auprès d’Obama pour représenter la France, a coécrit et interprété un duo inédit avec elle, « Epopée solaire
», une espèce de « Thelma et Louise en plein space trip » musical, ambigu et gainsbourien. On pourrait aussi le dire autrement : Corine, c’est toi, c’est moi, c’est nous.

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