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LAURENT LAMARCA

Ecoutez Laurent Lamarca sur Hotmixradio.


Biographie : Album « Comme Un Aimant »


Un album délibérément pop imaginé sous l’arc des quatre saisons. Si l’approche vivaldienne est bien là dans l’idée même d’un marquage important du temps, Laurent Lamarca, chanteur, a surtout pensé et visualisé son disque comme un animal soumis volontairement aux variations météorologiques et saisonnières du cœur et de l’esprit. Au moment d’entamer l’enregistrement de ses nouvelles chansons, Laurent Lamarca a éprouvé le besoin de faire un vrai travail d’introspection. Face à lui-même, seul et sans reproche, il se pose alors cette question existentielle : « de quel message veux-tu être le passeur ? ». S’interroger sur sa fonction d’homme et de musicien mêlés n’est pas chose aisée. Mais la nuit parfois porte conseil et aide à percer tous les mystères de l’intériorité. Au fond, Laurent Lamarca repart à zéro revivifié par des questions basiques : « Qui suis-je ? Où vais-je ? Et surtout d’où je chante ? ».
Au cœur des ténèbres, l’homme sensible et courageux a finalement répondu à ces questions hantées : « Je suis optimiste, j’aime les gens, la joie de vivre, la naïveté des choses et je suis doué d’une capacité jamais rassasiée d’émerveillement ». Simple constat d’une philosophie kantienne qui dit que le bonheur est « un idéal non de la raison mais de l’imagination ». Dès lors, Laurent Lamarca se sent plus fort et se trouve porteur d’une mission simple : faire du bien aux autres, comme à soi-même. Il écrit des chansons pour les partager. Chanter, cette prise de parole, est un privilège, une thérapie offerte, dont il se sent responsable. Cette conscience-là passe aussi par le besoin de se retrouver en s’ouvrant aux autres : écrire pour d’autres artistes, redevenir musicien loin de sa propre histoire, puis retrouver la scène en première partie d’artistes populaires comme Francis Cabrel ou le tandem des Fréro Delavega. Bref, se reconstruire une identité et finalement enregistrer un disque en tant que chanteur et non plus comme un musicien. La différence est de taille, et elle préfigure une nouvelle méthode de travail. Revenir à l’os des chansons qu’il compose.
Laurent Lamarca enregistre donc ainsi ses chansons, en guitares voix très abouties pour bien prendre cette place de chanteur qui jusqu’alors lui faisait peur et semblait lui échapper. Une fois enregistrées, il les donne à un duo d’arrangeurs : Julien Grenier et Romain Joutard, tous deux issus de la fusion du hip-hop, avec une solide formation jazz et une expérience non distanciée avec la variété. Il y aura donc 12 chansons pour 4 saisons. Le chiffre 4 est celui de la stabilité. Le 12, celui de la nature. Avec l’idée centrale qui traverse le disque au rythme des 4 saisons : l’humilité de l’homme qui se confronte à un seul ennemi, le dérèglement climatique. Ensemble, ils avancent légers, connectant avec l’idée d’une création sans entrave, en écartant délibérément tout risque de processus douloureux.
Ode à la joie, de l’été au printemps suivant, on suit ces vagabondages harmoniques avec l’envie de respirer à pleins poumons, dans le sens de la hauteur. Ainsi l’album s’ouvre, plein soleil, sur un triptyque de chansons adolescentes, juvéniles, portées par une voix belle et justement placée et qui a toujours le sourire. Avec en supplément au programme, le plaisir du collectif qui renvoie instantanément à une forme d’état d’esprit hippie. « On est des milliards », « Croire en toi et moi », « Bella Vida ». On sent l’idée de cette joyeuse liberté, d’être pour ne plus paraître, comme ces chercheurs de lumières et d’éclaircies nés dans le gris par accident, déterminés à en sortir pour célébrer la vérité naturelle de la nature. Aux contours Rousseauistes, « jamais la nature nous trompe, c’est toujours nous qui nous trompons », Lamarca n’en est pas moins réaliste. Il faut parfois savoir se sauver et accepter d’être dans la migration volontaire. L’automne peut commencer avec « Le vol des cygnes », premier single de l’album. Laurent Lamarca a brûlé ses vaisseaux, ses anciens mirages rock, et largué ses amarres. Il nous fait donc pénétrer dans son nouveau monde par la porte de l’automne. Une arrière-saison. Ce post-scriptum du soleil nous porte ainsi vers cette nouvelle chanson qui nous soulève vers un ailleurs. Un vol en basse altitude. Avant d’entrer dans l’âge adulte avec « Je veux vivre ». C’est une chanson d’un homme
qui regarde le monde mais qui se sent bien seul. Qui perçoit confusément qu’il va toucher le fond. Peut-on vraiment faire la différence entre la vie universelle et celle de chanteur ? Lamarca ne se défausse pas. Il sait qu’il va et doit faire face à ses démons.
« Je ne dors plus » nous conduit sans fard, bouleversé, au cœur de cette lente procession vers les abysses de la condition humaine. La chanson est grande, impose le silence. L’hiver est glacé. On est saisi par le gel de l’émotion. L’heure est à l’examen de toutes ses blessures. Cela ressemble aussi à une chanson d’amour et cela en est une : « Du tout au rien », mais ici Laurent Lamarca évoque la mort de son oncle adoré. Parfois on disparait sans avoir eu le temps de se dire au revoir. La chanson, co-écrite avec Le Noiseur (Simon Campocasso) est là pour laver un chagrin. C’est décembre qui rime avec cendre. Une nouvelle année arrive, janvier tout semble possible puisque tout recommence toujours… Et soudain, nous Français, avons vécu la liberté assassinée par des disciples de religion. Nous sommes alors définitivement Charlie et Laurent Lamarca écrit « Main dans la main », inspirée de la marche républicaine du 11 janvier. Chanson chorale, engagée comme l’est finalement cet album qui a choisi le camp de la vie et du sourire. C’est aussi le chanteur qui se trouve rattrapé par le musicien qui fut si souvent débordé par les disques qu’écoutaient ses parents : les Rolling Stones, Bob Dylan, Neil Young. La mémoire collective de chansons folk et généreuses qui ont su changer le monde. Du collectif à l’intime, le trajet passe par l’union de deux cœurs porteurs.
« Un millième » est un hymne à l’amour qui exprime que l’on peut être seul avec quelqu’un, et que le big bang amoureux est un miracle qui se noue sur un millième. C’est cette puissance pas si éloignée de la mécanique quantique qui mène au regain et au printemps. Trois chansons pour parfaire ce manifeste du bonheur, puisé sur une conscience à la fois mystique et scientifique. « Que des rires », puisque le cerveau humain a la capacité de construire une mémoire sélective où les choses positives règnent sur les traumatismes. « Le pouvoir des gens », en duo avec Jeremy Frérot, est une chanson frémissante de vérité. La transmission énoncée à la croisée de Lennon et Gandhi, à voix haute, pleine et charmeuse, dessine le destin de l’homme en capacité de toujours pouvoir transformer les choses du côté positif. C’est l’été, le soleil à son zénith, le corps abandonné « Comme un aimant », Laurent Lamarca, rend un hommage à ses parents, à la culture et l’éducation dont il est un fier héritier. Dylanien dans sa forme ce plaidoyer bastringue pour le bonheur collectif nous porte à croire que le bonheur « n’est pas une plante sauvage », comme l’écrivait Paul Ricœur : « comme les mauvaises herbes des jardins : c’est un fruit délicieux, qu’on ne rend tel, qu’à force de culture ».
C’est ainsi que se présente aujourd’hui Laurent Lamarca, dont le désir vibrant est l’essence même de l’homme et de l’artiste enfin rassemblés.
DIDIER VARROD

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