Gad Elmaleh : « Je rêve d’avoir un endroit où il y a comédie et jazz »

Par 07/06/2021

À l’occasion de son album de reprises de Claude Nougaro, Gad Elmaleh nous a accordé quelques minutes de son temps pour nous parler de cet opus et de ses premiers souvenirs avec l’artiste, du travail effectué autour de la création de ce projet et de ses envies d’avoir pourquoi pas, plus tard, un lieu dédié à la musique et à la comédie.

Une déclaration d’amour à Nougaro

C’est au téléphone que nous avons joint Gad Elmaleh, qui revient de plusieurs spectacles à l’étranger. Il nous a tout d’abord parlé de son envie de remonter sur scène, à la rencontre du public français : « Je dois dire que ça m’a atteint le fait de reporter à chaque fois, de ne pas pouvoir aller sur scène, s’exprimer, faire mon métier. Au-delà du boulot en lui-même, on fait un métier quand même où on s’exprime, on extériorise des choses, on a des choses à dire sur scène. Et le fait d’être réprimé tout ça, j’ai envie d’exploser » nous confie-t-il.

Dans cet album hommage à Nougaro, une déclaration d’amour pour l’artiste comme il le dit souvent, Gad Elmaleh reprend les classiques mais également des titres qui ont marqué sa vie. Il nous raconte ses premiers souvenirs liés à lui : « C’est mon enfance où je grandis à Casablanca, au Maroc, où je découvre Claude Nougaro sur un vinyle chez mon oncle. On n’avait pas trop les moyens d’avoir ces appareils et sur un vinyle je découvre Armstrong. Il y a un truc qui est marrant, c’est que je découvre sa diction. Et comme je suis gamin, j’ai 5/6 ans, je ne reçois pas ça comme un mec qui a un accent ou une diction très marquée par ses origines toulousaines, j’entends juste un gars qui est marrant dans ma tête. Le fait qu’il dise toutes les consonnes, qu’il parle comme ça, il y avait quelque chose de drôle et ça m’a marqué. Les accents, les couleurs dans le langage, ça a toujours été mon truc. Et lui, il m’a marqué à ce moment-là ». Il nous confie également qu’un autre sujet le lie à Nougaro : le jazz et l’amour du jazz. « Je suis fasciné par le jazz. J’écoute beaucoup de musiques urbaines, beaucoup de musique classique, beaucoup de pop, beaucoup de folk, beaucoup de Hip-Hop. Mais on va dire que le jazz, c’est vraiment de la musique qui me passionne. Et comme Claude Nougaro était un grand passionné de jazz et un grand jazzman, chanteur jazzman, ça m’a lié à lui encore plus ».

Si à la base cet album devait être un spectacle, à la suite de la situation sanitaire il s’est finalement retrouvé figé sur un disque : « J’aime l’idée que ce soit figé. Je n’avais pas imaginé ça, mais ce n’est pas complètement mort pour le spectacle. Peut-être qu’il y aura un genre de petit récital, de petits concerts où on rassemble des titres de Nougaro. Ça serait serait génial. Mais j’aime le fait que ce soit resté, que ça existe surtout, d’avoir fait l’expérience entière du studio. C’est nouveau pour moi, c’est une super belle expérience ».

Sortir de sa zone de confort

Sur cet opus, l’artiste que l’on connait principalement en tant qu’humoriste sort de sa zone de confort et avait néanmoins quelques appréhensions : « Le plus dur, je trouve, c’est de sortir de sa zone de confort et de faire des choses où on ne t’attend pas. C’est dur parce qu’en fait, au-delà de la difficulté liée à l’exercice même de chanter, de faire un film, de la danse ou un spectacle, il y a la difficulté non pas de convaincre les gens mais les gens aiment bien être rassurés en sachant que t’es un humoriste, t’es un acteur, et ça leur demande un effort supplémentaire de t’imaginer ou de t’accepter en tant que chanteur. Je ne suis pas un chanteur, je suis un artiste qui fait des choses différentes à chaque fois. J’ai trouvé ça parfois un peu difficile d’avoir à se justifier, d’avoir à expliquer, d’avoir à dire oui je ne suis pas chanteur, mais j’ai toujours voulu chanter… Après qu’on aime ou qu’on n’aime pas, ce n’est pas grave, heureusement, il y a des musique que j’aime et des musiques que je n’aime pas, mais au moins respecter le travail. C’est juste une petite appréhension, mais je dois dire que j’ai ma cachette qui n’en est pas vraiment une puisque je m’expose dès que j’ai un doute dans ma vie et dès que je suis fragilisée. Je vais sur scène et je vais retrouver le public puisque vraiment ça m’apporte énormément de réconfort. Ça me rassure, ça me donne de l’amour pur. J’arrive à m’exprimer avec le public, avec mon public, donc je sais où trouver les gens qui m’aiment pour le travail que je fais. C’est ma petite cachette dans la lumière ».

Gad Elmaleh, qui a vécu aux Etats-Unis pendant trois ans, nous a également parlé de son amour pour ce pays, un amour que Claude Nougaro avait également : « Il était aussi très fasciné par les jazzmen américains, par la culture américaine. Il a même fait un titre très connu qui s’appelle « Nougayork », avec sa perception de New-York au moment où il était au plus bas de sa carrière. On l’a convaincu de faire un titre commercial entre guillemets, auquel il ne croyait pas, et c’est devenu son plus gros hit ». Nous en avons profité pour lui demander s’il aimerait avoir un endroit à lui, pourquoi pas à New-York, ou se mêlerait musique et comédie, une sorte de piano-bar : « J’en rêve. Je rêve d’avoir un endroit où il y a comédie et jazz. Les deux, mes deux passions ».

Retrouvez dès à présent l’intégralité de l’interview où l’artiste nous parle également de son travail en studio et de la revisite de ces morceaux, de la violence que l’on peut parfois retrouver sur les réseaux sociaux ou encore du fait qu’il écrit ses propres textes et qu’il aimerait pourquoi pas faire son propre album. Son titre « Bidonville », extrait de son album « Dansez sur Moi » est à retrouver sur Hotmixradio New.

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